Nous sommes partis au ski, avec ma fille, mon oncle, et ma mère, aprés ma biopsie (par ici pour la biopsie).

Nos vacances à la neige sont sacrées. J'aime la montagne, j'aime la glisse, et étrangement, j'aime la solitude lorsque je monte en haut du domaine et que je prends le tire-fesse de droite qui mène sur une courte rouge, que peu de personnes empruntent le matin.

J'ai décidé de mettre mon cerveau en off, de toutes manières le radiologue m'a dit qu'il ne me donnerai pas les résultats par téléphone, il faudra attendre mon retour pour être fixée.

Les résultats de biopsie, prennent 10 jours au minimum. Alors ils devraient tomber, à peu prés, le jeudi de mes vacances.

J'ai tout fait pour profiter, pour mettre de coté, cette éventualité qui n'est pas encore officielle, j'ai tout fait pour rester zen, pour ma fille, pour ma mère, pour mon oncle qui ne comprend pas vraiment ce qui se passe.

Et puis surtout j'ai tout fait pour rester zen pour moi, car il faut à tous prix que je ne me laisse pas envahir par les émotions négatives.

Les jours passent, les nuits surtout, pas simple de dormir quand on sent que l'on a une épée de Damoclès au dessus de la tête.

Chaque jour j’emmène Élise à l'école de ski, puis je vais faire mes petites descentes de mon coté avant de retrouver mon oncle, qui lui vient plus tard sur les pistes, on fait une ou deux descentes et déjà il faut récupérer la pépète.

On mange, sieste et on repart, finalement pas trop le temps de penser, sauf le soir blottie sous la couette. Alors les pires pensées s'invitent et me pourrissent mes nuits.

Je ne peux pas faire autrement, l’auto-hypnose m'aide, mais la date fatidique approchant je craque un peu.

Le jeudi je me sens de plus en plus à cran, je ne tiens pas en place, je prends plus de risques sur les pistes alors que je suis censée skier plan-plan ! Bref il va falloir que je trouve un solution pour connaître la vérité.

Le soir je réfléchi et je décide que demain vendredi j'appellerai mon médecin traitant qui me connaît depuis des années. Il me dira lui, j'en suis sure.

Le lendemain matin, j'emmène Élise et puis je vais skier, mais je reste longtemps assise au sommet.

 

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Je respire le grand air, je profite de la vue, il fait si beau aujourd’hui, et bientôt très bientôt le gris va s'inviter dans ma vie.

Ma Lili a obtenu son "garolou", elle est super contente, et je suis invitée a descendre la piste verte avec elle pour fêter ça.

Arrivée en haut du tire-fesse, elle ne prend même pas le temps de m attendre, la voilà qui s'élance, elle est si fière de me montrer qu'elle fait des virages !

Je profite, je profite de toutes mes forces, j'en prends, plein les yeux et plein le cœur.

Et puis nous rentrons, et nous constatons que notre voiture a été emboutie, heureusement les propriétaires du bar au dessus ont noté la plaque d'immatriculation de la personne qui nous est rentrée dedans il ne reste plus qu'a aller à la gendarmerie.

Je décide de rester à l'appartement avec la petite, et ma mère et mon oncle, s'occuperont des basses besognes.

 

  • verdict :

 

14 h je me décide, je prends mon courage à deux mains et j'appelle.

 

                  « Bonjour, c'est Diane, avez vous reçu mes résultats de biopsie » ?

 

« Oui je les ai reçus aujourd’hui. »

 

                  « C'est un carcinome canalaire infiltrant » ?

 

Je ne sais pas ce qui m'a prit de dire ça, j'aurai du demandé s'il était in situ plutôt.

Mais ma langue a prononcé mes pires craintes.

Et il me répond :

 

« Oui c'est ça, il faut que tu te rapproche vite d'un oncologue, prends rendez-vous rapidement ». 

 

Et voila aprés les formules de politesse.

Voici une Diane assise sur un lit qui n'est pas le sien,

une petite fille de 5 ans qui regarde un dessin animé,

un chien au pied du lit,

un appart vieillot,

beaucoup moins charmant qu'à l'arrivée...

 

Une folle envie de vomir, de crier, de secouer les murs... de dire non !

 

 

Mon karma m'a abandonnée, ça y est il faut admettre que c'est sur les résultats sont là, mes pires craintes étaient justifiées, je suis malade cancéreuse, d'un cancer très agressif.

Patatra, tout s'écroule.

Et je dois rester de glace devant mon enfant qui ne bouge pas du canapé, ne rien laisser paraître rester calmmmmme .

Ma mère mettra 3 heures à revenir, ils buvaient un verre avec le monsieur du bar qui avait récupéré la plaque d'immatriculation.

Quand elle arriva elle me trouva prostrée, des sanglots bloqués dans la gorge, à la limite de l'apoplexie.

Elle m'a demandée ce qui se passait, je restais silencieuse, j'ai fondu en larme et j'ai seulement dit :

« J'ai un cancer.... »

Elle est restée muette....

Et puis...

Elle m'a dit que je ne devais pas m'alarmer alors que je n'avais pas les résultats, entre deux sanglots je lui ai expliqué que si je les avais,  par mon médecin traitant.

 

Triste journée ensoleillée à la montagne ce 19 janvier 2017.

 

Toutefois, n'ayant pas tous les résultats  et ne sachant pas vraiment à quelle sauce j'allais être mangée j'ai décidé de reprendre mes esprits et de tenir le coup !!!

Je savais seulement que je n'oublierai jamais cet appartement de location, qui fut le théâtre de l'annonce.