_Voici un an jour pour jour que j'ai été amputée de mon sein gauche.

 

Un an jour pour jour que je me méfie de ne pas recevoir de coups dans mon bras,

que je fais très attention à ne pas le blesser,

que je ne porte plus non plus !

 

_"Avez-vous déjà vidé votre coffre plein de courses avec un seul bras" ?

 

 

C'est mathématique on met deux fois plus de temps, c'est pareil pour le remplir d'ailleurs.

Faire toujours attention que mon cheval ne me tire pas à gauche.

Ne jamais donner la main gauche à un enfant car on ne sait jamais il peut tirer très fort.

Ne plus porter d'enfants...

Faire le ménage de la main droite,

jardiner gantée.....

Et tant d'autres précautions pour éviter le lymphoedème, ma hantise, l'effet secondaire le pire à mes yeux et qui peut arriver n'importe quand.... même des années après l'intervention.

J'ai la chance d'avoir récupéré la quasi totalité de ma mobilité à gauche, j'ai parfaitement conscience que d'autres aimeraient juste atteindre 50 % de leur mobilité de base, alors franchement je ne vais pas avoir le culot de me plaindre parce que mon aisselle me tire lorsque je lève le bras, ni me plaindre du frottement continuel, sous mon bras du à un bourrelet cicatriciel pile sous l'aisselle, non vraiment je ne me plaindrais pas.

De toutes façons je viens d'avoir un an, pour regarder la réalité en face, j'ai changé, mon corps a changé, ma vie a changé, mes compétences physiques ont changé.



Durant cette année j'ai repris l'équitation, ou plutôt je n'ai pas arrêté mais mon niveau reste médiocre car faire le moindre effort m'essouffle, alors j'y vais mollo, et je me dis que j'ai déjà beaucoup de chances de pouvoir monter sur ma ponette !

Durant cette année mes angoisses liées à la prise en charge de mon enfants se sont avérées un peu disproportionnées, j'ai assumé ma fille au quotidien, pas toujours parfaitement certes mais j'ai assumé !

J'ai lu hier un billet du célèbre blog de Catherine cerisey, écrit par sa fille !

pour le lire c'est ici.

C'est rassurant quand aux regards qu'ont les enfants sur la maladie.

Ma fille est bien dans ses baskets, enfin suffisamment pour évoluer correctement.



   Il y a un an j’étais sure qu'aujourd'hui je serai reconstruite, j'avais tort et je commence à me dire que peut être je serai reconstruite l'année prochaine, rien n'est moins sure.

Je pensais que vivre mutilée m'handicaperai au plus au point, mais là encore c'était une croyance, il est parfaitement possible de vivre normalement en prenant quelques précautions.

J'ai réussi à me faire une garde robe adaptée à mon sein,

 

Me voici aujourd'hui avec un maillot de bain déniché sur Brandalley pour la modique somme de 5 euros, quand on sait qu'un maillot d'oncologie atteint un budget minimum de 60 euros, c'est une belle performance._20180822_171554

J'ai aussi trouvé des astuces pour les sous vêtements et pour les hauts, évidemment j'ai dit adieu aux décolletés plongeants.

Il a bien fallu s'adapter à la situation, s'adapter pour se sentir le plus normale possible, s'adapter pour pouvoir oublier.

Si je ne me regarde pas dans un miroir ou si je ne me touche pas pour me crémer et bien je n'y pense pas.



Voilà quand on dit que l'on s'habitue à tout, c'est vrai je me suis habituée à l'horreur de la situation, et bien que pressée d'attaquer la reconstruction, je me suis adaptée en attendant....